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La chance d'avoir une place assise...

La chance d’avoir une place assise…

 

Paris. Février 2017.

Il est tard et pourtant la rame de métro dans laquelle je viens d’entrer est bondée. Nombre d’entre nous sont debout.

Les uns, plus sportifs ou tout simplement las de ce fait qu’ils subissent au quotidien, acceptent la situation sans rechigner et vont s’agripper aux barres métalliques ou se caler contre une porte à la recherche d’un fragile équilibre le temps du voyage. Les autres, plus stratèges, vont tous se serrer dans le petit espace situé entre les doublés de banquettes qui se font face de part et d’autres du wagon. Ils guettent alors, envieux, le départ de ceux qui ont la chance d’avoir une place assise ! Et bien sûr, le fainéant que je suis en fait partie…

Nous approchons d’une station. Les portes s’ouvrent et un siège à côté de moi se libère. Je réagis tout de suite et gagne au petit jeu de la chaise musicale, feignant, comme tous les vainqueurs ici, de n’avoir pas vu les deux personnes qui convoitaient le même fauteuil… Je sais, on vit cette drôle d’époque du « chacun pour soi » durant laquelle nous dépensons une grande énergie à ignorer sournoisement l’autre. Mais c’est fait, je suis, moi aussi, un PRIVILÉGIÉ ! 

Je sors mon appareil photo pour pouvoir observer les mondes fermés de ceux qui, eux aussi, font comme si je n’existais pas. 

Je repère tout de suite la jeune femme près de moi. Je la trouve jolie. Elle aussi fait partie des quelques nantis au cul posé que nous sommes. J’essaie tant bien que mal de cadrer mais ça bouge beaucoup et surtout, il y a encore trop de monde ! Mes premiers déclenchements ne donnent rien. Grrrrr ! Mais je ne désespère pas…

… Car comme je le pensais, les usagers sortent en masse à cette station aux nombreuses correspondances. Et clic ! Pas mal cette image. Et clac ! Non je vais plutôt garder celle-là. Mais quand le métro repart, j’aperçois ce SDF par terre sur le quai et… Je me sens con, très con… Car je réalise que la chance d’avoir une place assise n’est finalement qu’une question de point de vue… Une petite voix me dit qu’il préfèrerait sans doute avoir le PRIVILÈGE d’être parmi nous… DEBOUT ! À la volée et je le reconnais, quelque peu contrit, je shoote !



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Et RAC !

Et RAC !

 

Venise. Août 2016.

Errance dans la Sérénissime. Le soleil chauffe nos coeurs et nos âmes pendant que ses rayons décorent d’une superbe lumière les murs des venelles aseptisées de l’emprise de l’Homme du 21ème siècle. Je suis dans un autre monde, un autre temps.

 

« Aseptisées »… Mouais, il faut le dire vite. En passant devant cette ruelle, plongé dans mes rêves, mon regard se trouve irrémédiablement attiré par l’oeuvre collective faite de graffitis et autres sgraffites ponctuée en fond de toile par un énorme RAC ! Les inconditionnels de Venise vont me maudire mais je trouve l’alliance antagoniste de l’ancienne et la nouvelle culture magnifique !

Et je l’assume au point de poser mon cadre pour faire une photo. Je n’en ai pas pour long, tout le monde va faire comme moi : rêver, passer devant et tourner la tête pour admirer la composition. J’appuierai alors sur le déclencheur et continuerai ma balade. Affaire classée !

 

L’oeil dans le viseur, j’attends. Je vois une jeune femme qui s’approche les yeux fixés… Sur moi ! Je ne suis pas inquiet, les gens qui me repèrent ont la volonté farouche de ne pas croiser le regard de mon objectif. Elle jouera donc le rôle que j’attends d’elle. Et merde ! Elle continue son chemin tout en m’observant, loupant le paradoxe évident qui s’offre à nous. Grrrrrrr !

 

Plus loin derrière elle, un groupe de personnes arrive. Même scénario en pire : l’un d’entre eux s’est même adressé à moi pour me vanter les mérites de cette belle journée.

 

C'est au tour d’un vieux monsieur qui, lui, vient dans l’autre sens. Il entre dans l’image… Et me fait son plus beau sourire ! Mais que se passe-t-il ? Hey les gars ! Je ne suis pas là pour raconter l’histoire des gens heureux par un beau jour d’été ! C'est le comble ! Je me souviens des heures passées en vain sur les pavés à attendre un face à face avec quelqu'un pour donner vie à mes photos et là…

 

… Et là, il faut que je me concentre à nouveau car un gars se pointe. Que va-il faire celui-là ? Me sauter dans les bras et me faire des bisous dans le cou ? Droit comme un I, l’air déterminé, son pas est bien rythmé. Trop peut-être. Il risque de ne pas faire attention à ma grande découverte. Mais au moins, il ne sait pas que j’existe ! Il s’approche… Entre dans le cadre et… RAC ! Heu « CRAC ! » pardon. Il pivote la tête pour faire, j’en suis sûr, le même constat que moi ! Sans hésiter, je shoote !



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Coeur de pierre

Cœur de pierre

 

Rome. Août 2016.

Sur un pont qui traverse le Tibre, je suis attiré par ce qui ressemble à un coeur noirci, gravé dans la pierre. Illusion ou vérité, je ne sais pas... mais ça m’amuse ! Au moment où je cadre, je suis interloqué par ce qui recouvre mon sujet et que j'apparente à une œuvre d'artiste(s) de rue en mal d’amour...

Une barre de fer est scellée dans la roche. Quelques noms sont inscrits en blanc au-dessus. Le tout, symboliquement protégé par deux cadenas… Tout ça m'a l'air d'être la représentation de l'union idéale. Celle qui traverse le temps. Celle que les promesses d'un soir semblent avoir liée à tout jamais. 

Mouais… Probablement l'idée de candides qui n'ont pas encore connu la déception amoureuse...Ni le chemin, parfois trop long et sinueux, qui commence par l’absurde croyance que le couple ne fait qu’Un avec la même façon d'aborder la vie, les mêmes envies, les mêmes rêves, pour finir par la rupture douloureuse, persuadé que l’autre n’est finalement qu’un parfait étranger. 

Bien sûr, pour ralentir cette déchéance sentimentale, tu passes de la pensée unique à la capitulation du plus faible, de la loyauté sans faille à la tentation, des petits mensonges à la trahison, de l’amour à la Haine… Et tout ça parce que personne ne te dit quand tu es petit qu’il ne s’agit pas de durer pour être heureux... Mais de cultiver la différence, la différence de l’autre. 

Du vécu ? Pas seulement, quand je vois les autres autour de moi... Je le dis tranquillement, et le pense sereinement car, 44 ans après mon arrivée en ce bas monde et quelques (més)aventures, tout va enfin très bien pour moi en amour. Ce n’est pas que je suis moins insupportable qu’avant. 

C’est juste qu’elle m’accepte comme je suis, avec tous ces défauts contre lesquels j’ai lutté en vain des années durant. C’est juste qu’elle arrive à trouver chez le râleur marginal et emmerdeur que je suis…  Des choses bien ! C’est juste que je ne me sens plus prisonnier de ce que je suis depuis que j’ai posé le regard sur elle.

Alors quand je vois ces deux verrous, je me dis que les auteurs de ce chef d’oeuvre urbain ne savent pas encore que l’amour est synonyme de liberté. La liberté de vivre ce que tu es vraiment. Et c’est là que tout devient finalement possible. La preuve, j'ai rencontré une femme capable de percer tous mes secrets pour traverser mon coeur de pierre… Je shoote !

 



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Tous les chemins...

Tous les chemins…

 

Rome. Août 2016.

Errance... Il fait une chaleur accablante ici et ça fait un bien fou ! Ça faisait des mois, et même bien plus je pense, que je ne m'étais pas paré d'un simple tee-shirt du matin où je me lève au soir où je me couche ! Et contrairement aux croyances populaires, le costume 3 pièces décoré d'un véritable noeud papillon à nouer (mon côté vintage...) que j'enfile une partie de l'année n'est pas toujours mon déguisement préféré. Les apparences sont souvent trompeuses… 

En parlant de ça, tout le monde m'avait mis en garde sur la foultitude de touristes que j'allais croiser ici en août mais, dans ce quartier, il n'y a pas âme qui vive… Enfin presque. J’ai bien rencontré quelques autochtones mais aucun qui n’a réussi à me sortir de mes pérégrinations cérébrales. 

Je suis en train de faire une petite rétrospective de cette moitié d'année déjà passée, et je réfléchis à la suivante, une de mes habitudes pendant les vacances d’été.

Je me suis revu à Brooklyn devant ce gros réservoir d’eau. Je ne sais pas pourquoi ce moment précis de mon voyage à New-York deux ans auparavant mais c’est sans importance.

L’expo du mois de février prochain.

J’ai aussi pensé à « Colombe", mon ami, en me disant que j’avais bien choisi son petit surnom.

Une envie pressante d’aller à Londres.

François qui m’a fait part de son scepticisme quant à la possibilité photographique de sortir des sentiers battus à Rome. Pffff !

La chance qui m’a été offerte il y a à peine un quart d’heure de croiser cette superbe actrice italienne. Une beauté ! Je l’ai prise en photo ! Enfin, en quelque sorte… Mais ça c’est une histoire que je vous raconterai une autre fois…

Mon père qui me manque.

La Sicile aussi.

Et puis chez moi bien sûr …

Et c’est normal avec ce que je viens de voir un peu plus loin… Ça me fait sourire. En cherchant un cadrage qui me plait, je me rencontre, moi et ma grosse barbe dans le reflet de ce miroir. Allez, je vais faire un autoportrait pour compléter ma série. Après tout, c’est le moment, je suis en pleine introspection. Il y a bien mon crâne chauve et ma pilosité faciale sur mon image, ça au moins c’est tout moi. Tiens, c’est rigolo, je ferme un oeil… Moi qui d’habitude garde les deux yeux ouverts quand je prends une photo. Je vais rester comme ça pour me donner l'illusion de ne pas tout dévoiler de moi… Ha, les apparences … Et puis, ça fera écho avec l’enseigne, accrochée un peu plus loin, du « Café de Paris »… À Rome ! C’est parfait car, même si tous les chemins mènent Ici, je reste convaincu que, comme dans la vie, ils te portent surtout là où tes rêves sont capables de te faire voyager ! Je shoote !



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Les mains de Claude

Les mains de Claude

 

Ban. Juillet 2016.

C'est une belle journée d’été. Chacun vaque à ses occupations. Les enfants jouent dans le bassin, les plus grands lisent, d’autres discutent ou jouent aux boules et le patriarche du groupe fait sa sieste. Et moi, avec Claude, sa femme, je parle de la pluie et du beau temps.

Malgré sa réticence, je m’essaie à quelques clichés. Elle ne reste pas en place, se déplaçant de la table extérieure à la cuisine et de la cuisine à la terrasse. Elle fixe l’horizon depuis le balcon l’air de rien, avec cette nonchalance discrète qui la ressemble tant.

Probablement fatiguée de fuir l’objectif, elle finit par s’asseoir et nous continuons notre conversation… Mais elle râle gentiment pour me rappeler qu’elle ne veut pas que je la prenne en photo. Je m’en moque et continue. Grrrrrrr ! Elle bouge tout le temps et j’ai du mal à faire une image nette.

Comme pour nous mettre d’accord, ou peut-être pour gagner la partie, elle finit par se planquer derrière ses mains. Haaa ! Les mains de Claude ! Ces mains qui se coiffent sans cesse d’une cigarette ou d’une tasse de café fort. Ces mains qui nous racontent l’histoire d’une vie. Ces mains, rugueuses à souhait, qui nous trompent sur l’identité de sa propriétaire, cette femme aux cheveux courts qui porte un prénom d’homme, mais dont la voix douce et chantante des gens du sud nous rappelle que la féminité n’est qu’histoire de coeur. Ces mains, ses mains, celles de Claude, je décide d’en faire son plus beau portrait : je shoote !



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La chieuse

La chieuse

English version

 

Chamborigaud. Juillet 2016.

Dans un petit village perdu au fond des Cévennes, nous emmenons les enfants assister à un spectacle de cirque.

La lumière, filtrée par la toile du chapiteau, est douce et diffuse. Je trouve ça joli et décide de faire un portrait de la petite Elia placée juste à côté de moi.

Je cadre discrètement et déclenche quelques fois avant qu’elle ne remarque mon petit manège :

- Arrête ! Me dit-elle.

- Sois sympa s’il te plait. Je prends quelques photos car tu es trop belle !

- Je m’en moque ! Arrête !

- Et bien moi aussi je m’en moque !

Mon numéro de flagornerie ayant échoué, je m’apprête à continuer, à cours d’argument. Mais Elia me tourne alors le dos volontairement… Grrrrrrrrr ! Même à 6 ans, une fille trouvera toujours le moyen d’aller au bout de son idée ! « Ce n’est pas grave, j’attends : quand les acrobates arriveront sur la piste, tu seras bien obligée de tourner la tête, et na ! »…

Je l’entends ronchonner et finalement, tout doucement, elle se retourne. Non mais ! C’est toujours moi qui gagne. C'est qui le meill…

La chieuse ! Elle cache son visage avec ses mains, sa casquette de travers comme un clown qui s’amuse avec son public ! Ça me fait rire et après tout, ma chieuse, je l’aime comme ça. Je shoote !

The cheeky brat

 

Chamborigaud. July 2016.

In a small lost village in the bottom of the Cevennes, we take the children to attend a circus show.

 

The light filtered through the canvas of the tent, is soft and diffuse. I find it pretty and decide to make a portrait of the little Elia placed right next to me.

 

I discreetly frame and trigger a few times before she notices my little game :

- Stop it ! She said.

- Be nice, please. I’m  taking some pictures because you're too nice  !

- I do not care ! Stop it !

- Well, I also do not care!

 

My sycophancy act has failed, I'm about to go on, even short of argument. But Elia turns her back to me on purpose... Grrrrrrrrr! Even at  6, a girl always finds a way to go through with her own ideas ! "It does not matter, I après-midi waiting : when the acrobats will arrive on the circus ring, you will have to turn your head,  and bam !"...

 

I can hear her grumbling and finally, slowly, she turns back. Finally ! I am always winning. Who's the bes…?

The cheeky brat ! She hides her face with her hands, her cap on the side like a clown entertaining his audience ! It makes me laugh and after all, my cheeky brat, I like her like this. I shoot !

 

Translation : KMO



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Je prends la main. I take the lead.

Je prends la main

English version

 

Lisbonne. Mars 2016.

Il est jaune, il est petit, il est bondé de monde, il est vieux mais… qu’est ce qu’il est beau ! Je suis dans le légendaire Tram 28 de la capitale portugaise et ce n’est que du bonheur !

Décoré de petits bancs en bois bien inconfortables, il a conservé son décor d’origine. Il traverse les plus beaux quartiers de la ville depuis les années 30, piloté par le machiniste qui ne semble pas ému par les ruelles étroites et sinueuses aux dévers parfois si impressionnants qu’on se croirait dans un manège à sensation !

Coincé entre deux touristes, j’admire ce conducteur à tout faire qui vend les tickets, qui reste vigilant pour rappeler à l’ordre les imprudents tentés de monter par l’arrière ou descendre par l’avant et qui pilote d’une main experte - et d’une seule ! - l’une des machines les plus mythiques de l'histoire des transports en commun !

J’essaie de comprendre en vain ce qu’il fait. Un coup de manette à gauche, un coup en avant, appuyant de temps à autre sur l’un des innombrables boutons posés ça et là autour de lui, sa « mimine » semble jouer sur le tableau de bord comme un enfant dans une partie de chat perché dans la cour de récré ! Et ça marche !

J’abandonne, il n’est pas utile de tout savoir : c’est bon de se laisser guider, emporter par les rêves … Il y a quand même un truc que je sais faire et qui me procure plus de plaisir encore : ramener des photos ! Je sors mon appareil. Je pose mon cadre sur l’objet de ma curiosité… La lumière est jolie, elle crée de mystérieux reflets dans la cabine de pilotage et ça me plait… Cette fois-ci, c’est moi qui commande. Alors, si j’ose dire, je prends la main et… Je shoote !

I take the lead

 

Lisbon. March 2016.

It is yellow, it is small, it is crowded with people, it's old but ... what it's beautiful! I'm in the legendary Tram 28 of the Portuguese capital and is only happiness!

Decorated with small quite uncomfortable wooden benches, it has retained its original decor. It runs through the most beautiful parts of the city since the 30s, driven by the machinist whom does not seem moved by the narrow winding streets sometimes so impressively  steep that it feels like a thrill ride!

Stuck between two tourists, I admire this driver doing everything ,selling tickets, remaining vigilant , calling the reckless passengers to order who try to get on the rear or from the front while driving expertly with one hand – and only one! - One of the most legendary in the history of transportation machines!

I'm trying unsuccessfully to understand what he’s doing. A joystick left jab, a push forward, pressing from time to time on one of the countless buttons placed here and there around him, his tiny paw seems to play on the dashboard like a child playing hopscotch in the playground! And it works!

I give up, it is not necessary to know everything: it's good to be guided, carried away by dreams ... There’s still something I can do and that gives me more pleasure : bring back photos! I get out my camera. i adjust my lens on the object of my curiosity... The light is beautiful, it creates mysterious reflections in the cockpit and I like it ... This time, I am the one in charge !. So, dare I say, I take the lead and ... I shoot!

 

Translation : KMO



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La fille du tram' 28

La fille du tram' 28

 

Lisbonne. Mars 2016.

La fille du tram' 28 est vraiment très belle !

Je la regarde sans oser m’approcher d’elle.

Par timidité ? Non ! Ce n’est pas ma nature…

Mais quand je vois la lumière, comme un murmure

Caresser son visage, je n’ose bouger

Par peur de voir ce rêve soudain s’abréger !

La fille du tram' 28 est vraiment jolie !

Comme sur un bateau, bercée par les roulis,

Elle est perdue dans un océan de pensées

Qui semblent l’emmener si loin dans son passé…

C'est trop beau, et je veux ramener cette image

Parmi tant d’autres souvenirs dans mes bagages.

La fille du tram' 28 est vraiment mignonne

Avec ses rides qui sur son minois sillonnent !

Oui, je ne l’ai pas dit, elle n’a plus 20 ans.

La beauté n’a pas d’âge et traverse les temps.

Je sais l’apprécier quand elle croise ma route.

Alors, tout ému et avec bonheur, je shoote !



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Insaisissable

Insaisissable

 

Corse. Août 2013. 

Nous sommes sur une de ces magnifiques plages de l'Île de Beauté. 

Perrine est perdue dans ses pensées et j'en profite pour faire quelques portraits.

Les coudes sur les genoux, elle pose ses mains sur son visage comme pour poser un cadre à l'image. Quand ses yeux se portent là où personne ne peut la suivre, je shoote...

 


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Les vitrines de Noël seront toujours les plus belles

 

Les vitrines de Noël seront toujours les plus belles

 

Paris. Décembre 2015. 

Il n'y a pas de neige. Il fait presque 15 degrés. Et nous sommes pourtant à quelques jours du 25 décembre ! 

Fort heureusement, afin que nous ne soyons pas trop déboussolés en cette période de fête, certaines choses ne changent pas : la course aux cadeaux de dernière minute, le mensonge que nombre de parents s'autorise à faire aux plus petits sur l'existence du vieux bonhomme vêtu de rouge, le chantage qui va avec ("Si t’es pas sage...") et... Les vitrines de Noël !

Accroupi à côté de l'une d'entre elles boulevard Haussmann et l'oeil dans le viseur, je regarde défiler les enfants émerveillés par tant de joujous et de lumières impossibles à toucher. 

Un petit est poussé par sa maman : "Regarde chéri ce drôle de p’tit robot qui va et vient au fond !". Le môme n'y prête guère attention. Ses yeux sont attirés par toutes ces petites loupiotes qui font de son regard un ciel étoilé. Sa mère revient et lui montre du doigt le droïde qui s'éloigne vers les extrémités de ce petit espace dédié aux rêves... Rien n’y fait : le petit reste subjugué par ce qui brille devant lui. 

Moi, j'ai posé mon cadre et je croise les doigts pour que sa maman sorte de l'image. Elle n'a rien à faire là, non d'un renne ! Mon voeu finit enfin par s'exaucer : après avoir insister de nouveau, elle lâche prise et recule. 

L'enfant est enfin seul, livré à ses songes. Il s'approche plus près de la vitrine, croyant peut-être pouvoir y entrer. Quand le reflet de son visage apparaît, MA magie opère… Je shoote !



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Stadivarius smiley

Stradivarius smiley

English version

 

Londres. Novembre 2012. 

Dans Covent garden, un groupe de musiciens fait l'animation.

Parmi eux, ce violoniste m'impressionne. 

Il ne joue pas de son instrument, mais vit sa musique entraînante. 

Il sourit sans cesse, comme rempli d'allégresse par la mélodie. 

Il virevolte parmi la foule, profitant du moindre espace. 

Il s'amuse avec ses partenaires, par des regards complices. 

Le tout, rythmé par une chorégraphie désorganisée, mais très agréable à regarder : ce n'est pas un homme, c'est un feu follet !

Je veux le ramener dans mes bagages ! 

Je m'approche. 

J'ai du mal à cadrer, car il tourne autour de moi, sans cesse en mouvement. 

Je déclenche un nombre incalculable de fois, pour sortir une image nette. 

Je me retire un moment, pour regarder le résultat de notre danse. Seules deux photos sont nettes mais ne me plaisent pas : je ne retrouve pas mon feu follet. En revanche, les autres clichés sont tous plus ou moins flous : je veux garder de ce moment quelque chose comme ça. 

J'y retourne donc, avec l'idée de ramener une photo... Floue ! Plus facile pour moi...

Après quelques pas dans les siens, il se retrouve coincé par un mur de spectateur. 

Il marque alors une courte pause, avant d'effectuer son demi tour, pour continuer sa course folle ; et là, concentré uniquement sur le cadrage, je shoote !


Stradivarius Smiley

 

London. November 2012.

At Covent Garden, a group of musicians is playing.

Among them, this violinist impresses me.

He doesn’t play, he lives his catchy music.

He keeps smiling as he was filled with joy by the melody.

He swings across the crowd, taking advantage of the least vacant space.

He is having fun sharing knowing glances with his partners.

All of this, paced by a disorganised choregraphy but very pleasant to look at : this is not a man, he is a will-o’-the-wisp !

I want to take him back home !

I get closer

I have some difficulties to frame because he keeps turning around me, in constant motion.

I trigger off a countless time my camera, to get a sharp picture.

I step back a while to see the result of our dance.

Only two pictures are sharp but they don’t satisfy me, I don’t find back my will-o’-the-wisp !

On the other hand , the others shots are more or less blurry.

I want to memorize this moment with something like that.

So I go back, having in mind to bring back a picture… A blurry one ! Easier for me !

After few steps in his, he gets stuck by a human wall

He takes a short pause and turns back carrying on his crazy race, and then only focused on the frame, I shoot !

 

Translation : KMO



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Ernest, Gerald, Terence et les autres...

Ernest, Gerald, Terence et les autres...


New-York. Avril 2015.

Combien sommes-nous ici, au Mémorial du 11 septembre ?


Dès mon arrivée sur le site envahi par la foule, je me pose cette question. Et plus encore lorsque je me rapproche des deux grands bassins carrés situés dans les empreintes des tours détruites.

C'est impressionnant ! Je m'essaie tout de même à quelques photos du One World Trade Center qui domine l'endroit et Manhattan. Bof...

Je suis perdu dans mes pensées. Je repense aux images télévisées de ce jour sanguinaire de 2001. Comment un être humain peut-il un jour décider d'ôter la vie à un autre, à des milliers d'autres ?...

Je ne sais toujours pas s'il y a du bruit car je suis focalisé sur le son des chutes d'eau qui s'écoulent sans fin le long des parois.

Sans savoir l'expliquer, je me sens tout petit et grand à la fois. Peut-être la sensation de n'être rien et celle d'avoir la chance d'être encore là.

Car je reste persuadé que nous sommes tous concernés, que ça peut arriver à n'importe qui... Et que nous sommes là pour faire perdurer le souvenir...

Comme quand on se rend au cimetière pour "rendre visite" à un proche. Après tout, je suis sur un tombeau de presque 3000 personnes...

Quand j'arrive près des parapets qui entourent les bassins et portent inscrits le noms des victimes, je me souviens d'une photo que j'ai prise au Mémorial de la Shoah à Paris.

Je veux essayer de nouveau de prolonger la mémoire des hommes, des femmes et des enfants qui sont tombés ici...

Comme à Paris, je voudrais faire entrer tous les noms dans l'image mais c'est évidemment impossible. Je fais alors le choix d'un cadrage serré quand je vois ce petit drapeau américain planté dans la stèle.

Son reflet insaisissable, immatériel me rappelle que le souvenir est le prolongement de la vie...


Combien sommes-nous ici, au Mémorial du 11 septembre ?


Il y a Ernest, Gerald, Terence... Et tous les autres... Pour eux, je shoote !




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T'es qui moi ?

T'es qui moi ?

 

Paris. Février 2015.

"Cette fois-ci, je ne rentre pas dans cet énième magasin de filles, j'attends devant !"

Quand je vois cette surface miroitante, je décide de continuer la série d'autoportraits commencée il y a quelques temps.

 

Mais pourquoi me prendre en photo ? Je ne sais pas réellement...

Par égocentrisme ? Peut-être...

Parce que je ne me dirai pas "Arrêêêteuuuu, je ne suis pas photogénique !" ? Certainement...

Pour préparer le concours "Autoportrait" que j'ai repéré ? Oui, mais pas que...

Parce qu'on me dit que je ne suis jamais sur les photos ? C'est possible aussi...

Pour laisser quelque chose que je pense être représentatif de ce que je suis vraiment ? Beaucoup trop philosophique pour moi...

Pour toutes ces raisons à la fois ? Probable...

Finalement, je me dis que ce n'est pas si facile de me mettre en scène et encore moins pour faire une image qui me ressemble...

Alors qu'à 42 ans j'ai l'impression que je ne me connais pas encore vraiment, cette image-là est tout de même très "parlante" :

"Pas de trépied (je n'aime pas m'emmerder) ni de retardateur sur l'appareil (juste moi devant un reflet). Garde tes des yeux ouverts pour qu'on en voit au moins un sur la photo (il parait qu'ils sont le reflet de l'âme). Ne souris pas ! Tout le monde dit que tu es un vrai râleur bourru (et c'est vrai !). Approche toi plus près (j'adore les portraits serrés)."

Pas sûr que Brian, 14 ans, pense à tout ça quand il poste un selfie sur Facebook au petit déjeuner parce qu'"il est mdr en voyant qu'une big céréale s'est grave emmêlée dans ses cheveux durcis par le gel" ! Mais je ne suis pas Brian !

Voilà, le cadrage est fait. Comme souvent, j'attends qu'il se passe quelque chose... (vu la situation, c'est vraiment con cette fois !).

Tiens, étrange ce reflet ? C'est probablement la déformation du miroir...

On dirait que ce qui émane de moi en train de prendre une photo c'est...

Ben... Moi... en train de prendre une photo ! Je shoote !

 



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Son sourire


Son sourire 

 

Quelque part sur Terre (je ne sais plus où). Un jour (où comme chaque fois avec elle, le temps s'est arrêté).

Difficile d'expliquer ce moment photographique. Et, de toutes façons, je n'en ai pas envie.

Je veux garder le plus important pour moi... C'est si intime.

Les quelques mots qui m'ont échappé ci-dessous sont déjà de trop...

 

Alors que dire de cette photo ? Qu'elle n'a d'importance qu'à mes yeux ? Non !

S'il faut en retenir quelque chose, c'est qu'aujourd'hui encore,

il n'y a qu'avec son sourire que je (me) shoote...

 

Quand elle est là, tout près, je suis heureux.

Elle fait partie des rares personnes qui comptent pour moi... Je l'Aime.

Mais je ne le sais... Pas encore...

Durant cette journée, je n'ai cessé de penser aux déboires et peines de ma vie passée.

Maintenant qu'elle est là... Elle me protège.

Mais elle ne le sait pas... Pas encore...



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Lost

Lost

 

Paris. Février 2014.

Je suis dans le bus qui me ramène chez moi. Je discute avec mon amie et j'en profite pour faire quelques photos.

Je remarque le reflet de cet homme "invisible" sur la vitre : je ne le vois pas car il est derrière mon amie. Son regard est songeur. Il est complètement absorbé par ses pensées.

Je cadre en incluant ma voisine au premier plan et déclenche une fois ou deux.

Pas mal... Même s'il manque un "je ne sais quoi" sur l'image, je garde et on verra ce que je décide lors de l'editing.

Pris dans la conversation, j'oublie mon modèle d'un jour... jusqu'au moment où, en jetant un oeil vers la vitre, je découvre enfin son vrai visage.

Cette fois-ci, appuyé contre le carreau, je shoote !



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Léo

Léo

Paris. Septembre 2013.

Les parents de Léo m'ont demandé de lui tirer le portrait. La lumière qui traverse les fenêtres de l'appartement est splendide.

Après une série de photos dans les bras de son père, c'est au tour de sa mère de le cajoler pendant que j'appuie sur le déclencheur.

Depuis que j'ai commencé à l'embêter, j'ai du mal à capter son regard. Mais là, il daigne s'intéresser à moi. Passant sa tête par dessus l'épaule de Mireille, le nez morveux, il m'observe, curieux et sans appréhension. "Même pas peur dans les bras de maman, elle me protège !". Je cadre serré, imagine déjà le format carré, et puis je shoote !




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Ugo

Ugo

Chez moi.

 

Ou plutôt devrais-je dire chez nous. Christine, la maman d'Ugo, notre fils, était encore de ce monde le jour de cette séance studio.

Après une longue discussion (oui, chez nous, c'est comme ça qu'on appelait nos engueulades), nous arrivons à un compromis : Christine est d'accord pour une pellicule noir et blanc et moi, je fais semblant d'être d'accord pour qu'Ugo garde son affreux pull-over tricoté main par une de ses deux mamies, mais laquelle ?...

La séance commence. Ugo est docile. Christine fait le pitre derrière moi pour lui extirper un sourire. Et moi ça me gonfle : j'aime les photos d'enfants qui ne sourient pas !

Au bout de dix minutes, insatisfaite de ses mimiques, elle va chercher dans sa chambre je ne sais quel truc qui fait pouêt pouêt ou ding ding.

En attendant, Ugo finit par s'accouder, sortant légèrement du cadre lumineux fixé.

Je reprends rapidement mon appareil, je shoote...

 

... Plusieurs fois. J'ai retenu cette photo sur la série... Christine aussi...



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Le bon la brute et le truand

Le bon la brute et le truand

Lagny Le Sec. Avril 2008.

 

Séance studio avec une amie et son mari.

J'aime les femmes enceintes, probablement à cause de leurs rondeurs, de la volupté, de la douceur  et de la sérénité qui émanent d'elles et souvent les rendent jolies.

Certainement à cause de ce qu'elles représentent pour moi : elles portent la vie...

Après quelques poses classiques, je décide de mettre en scène le papa dont les mains sont celles d'un homme qui les mets tous les jours à rude épreuve.

Le contraste entrée la rugosité de sa main et la douceur du ventre arrondi de la maman me sautent aux yeux. Je shoote.



Paris, métro, photo noir et blanc, art, portrait, street photography, CarCam
Métro boulot dodo

Métro boulot dodo

Paris, métro ligne 4. Octobre 2012.


Il est bientôt 19h00 et le métro est blindé. J'ai malgré tout réussi à me trouver une place assise. Je m'ennuie et je n'ai pas mes écouteurs.

Pour m'occuper, j'observe les gens autour de moi. Comme d'habitude dans le métro, tout le monde s'ignore. Chacun essaie de s'isoler ; j'imagine que c'est pour faire semblant de sortir du quotidien parfois morose de la vie parisienne.

Sans rien demander, l'appareil photo en main, je réalise quelques clichés ; mais personne ne me fait de remarque ni ne s'insurge.

Pas même cet homme assis en face de moi. Après plusieurs tentatives ratées pour trouver le sommeil, il me regarde fixement.

Alors comme par défi, je pointe l'appareil vers lui : aucune réaction. Je n'existe pas.

Puis perdu dans ses pensées, il prend cette attitude de réflexion, la tête penchée, appuyée sur sa main. Je shoote.



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Non pas moi

Non pas moi

Londres. Juin 2014.

 

Je suis à côté d'Oxford Circus et je fais une pause.

Une dame accompagnée de son enfant s'approche et me parle.

Après son monologue entrecoupé de mes "I don't understand", elle me demande de jeter un oeil à son fils - enfin, c'est comme ça que j'interprète tous ses sourires et ses signes de la main - puis elle se rend chez le commerçant situé à deux pas.

Son fils me regarde fixement, l'air presque ahuri, en continuant de déguster sa glace. Je prends mon appareil photo pour lui tirer le portrait. Mais il sourit timidement et tourne la tête, puis me regarde à nouveau puis tourne encore la tête jusqu'au moment où, face à moi, il se cache le visage avec sa main. Je shoote.



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Liza

Liza

Catane. Juin 2014.

 

Nous sommes au restaurant et je fais des portraits des personnes à ma table.

Quand c'est au tour de Perrine, je déclenche plusieurs fois mais je sais que ça ne me plaira pas. En revanche, quand, de trois quart, je vois ses yeux noirs, sa coupe courte et son maquillage discret, c'est Liza Minelli qui déjeune à mes côtés... Même si je ne sais pas encore que, lors du post traitement de la photo, je m'efforcerai de donner à ce portrait une atmosphère cabaret. Je shoote !



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Baptiste

Baptiste

Lagny Le Sec. Avril 2012


Des copains m'ont demandé de faire quelques photos de leurs trois enfants pour une raison sûrement bonne pour eux, mais que j'ai oubliée.

Je décide de faire une séance studio.

Après quelques photos de groupes pour détendre tout le monde et s'habituer les uns aux autres, je m'aperçois que Baptiste est très à l'aise devant l'objectif.

J'aime sa façon de prendre la lumière, de capter l'attention.

Mais surtout, j'aime son regard parfois noir, parfois rieur, et sa capacité à passer de l'un à l'autre en une fraction de seconde.

Je m'essaie alors à un clair obscur.

"Ne bouge pas, prends un air déterminé".

Il s'exécute, je shoote.




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Manon

Manon

Calanques de Cassis. Août 2012.


Voilà un moment que nous naviguons à bord d'un bateau à moteur. Nous avançons de crique en crique pour nous baigner et profiter de ces lieux paradisiaques.

Je me suis essayé à quelques paysages mais je suis nul pour ça, ça ne m'inspire pas. Je me décide à tirer le portrait des personnes qui m'entourent en faisant comme je peux : ça bouge en mer !

Quand je m'approche de Manon, elle me demande quoi faire, me dit qu'elle ne sait pas si elle doit poser ou pas. Je lui réponds de faire comme si je n'étais pas là ou de regarder l'objectif mais de ne pas hésiter entre les deux.

Elle me défie alors du regard, je cadre, je shoote.



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Bernardo

Bernardo

Sicile. Avril 2013.

 

Nous sommes à une terrasse de café avec mon oncle. Je suis fan de sa gueule ridée et de ses yeux clairs.

J'aime lui tirer le portrait et je ne m'en prive pas. Lui, il se laisse faire et continue de discuter ; mais il ne m'ignore pas. Non, bien au contraire ! Il adore que je le prenne en photo ! Il sait que le résultat sera là. Il le sait, car il a toujours été sûr de son physique, sûr de lui d'une manière générale.

Je déclenche donc de nombreuse fois et décide de faire un gros plan. Contrairement à ce que laisse penser cette photo, il ne pose pas : il marque souvent ses récit de courts temps de pause et durant l'un d'entre eux, je shoote !



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Magic sisters

Magic sisters

Rome. Août 2010.

 

Grrrrrrrrr ! Le Panthéon est blindé de monde et je n'aime pas ça !

Je reste car la lumière est par endroit magnifique.

A force de tourner, mon oeil est attiré par le voile blanc d'une religieuse - voile, qui baignant dans la lumière, devient ainsi irréel, immatériel.

Je m'approche et j'entends leurs complaintes italiennes au sujet de la mère supérieure.

Le sourire me monte aux lèvres. La décision de prendre la photo devient incontestable, et j'ai l'intention de cadrer serré ! Il va donc falloir que je m'approche... Difficile de passer inaperçu...

Alors je leur dis bonjour - non pas par politesse (je ne suis pas quelqu'un de bien éduqué) mais seulement pour entrer dans leur sphère, pour qu'elle s'habitue à moi. Surprises, elles me répondent en choeur "Buongiorno Signore", et elles l'accompagnent d'un sourire de bienvenue, avant de reprendre leur conversation.

Je me place derrière le banc où elles sont assises, elles ne font déjà plus attention à moi.

J'attends que la lumière vienne de nouveau caresser le voile blanc. Je shoote.



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Lily

Lily

Nîmes. Juillet 2013.

 

Il fait beau chez Denis et Claude. Lily est sortie de la piscine. Elle est restée en maillot. Je veux ses grands yeux mais c'est difficile car pour les faire ressortir, il faut que je m'approche et qu'elle ne bouge pas : il faut qu'elle pose ! Et... Elle ne veut pas rester en place ! Je fais quelques portraits d'elle... Enfin, j'essaie... En vain !

Pour parvenir à mes fins, je fais comme d'habitude avec les enfants : je lui promets des bonbons que je n'ai pas (même pas honte et "Na !") et elle s'exécute l'espace d'un instant. Je shoote.




CarCam est un artiste représenté par la

16 rue Sainte Anastase

75003 PARIS

France

Tél : +33 983232801