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Le PLUS du moment

VESPérAle

 

Noto. Juillet 2017.

Quiétude vespérale… Enfin ! Anencéphale… Voilà ce que je suis devenu après les dernières heures de folie à courir partout aujourd’hui !

 Le jour est tombé sur Noto. Sur la Sicile aussi, bien-sûr. Et quand je passe devant cette venelle, j’ai la sensation que l’univers tout entier s’est lové dans les bras de Morphée.

Un calme salvateur après une journée chaude entre la plage, les pavés d’une ville baroque foulés de nos pieds d’aventuriers curieux, la cohue étouffante des touristes, le bruit des Klaxons et celui, incontournable dans le sud de l’Italie, des scooters !

Ils sont partout. Les jeunes, les vieux, les hommes les femmes, tous en ont rêvé petits. Les plus chanceux en possèdent un. Les plus heureux aussi. Ici, ce n’est pas seulement un mode de transport, c'est un mode de vie !

Je me souviens de ce gars, qui passait de temps en temps voir mon oncle, via Luigi Capuana chez ma grand-mère à Catane ; quand, enfant, j’y étais pour l’été. Il avait une tête bizarre, mal proportionnée et toujours le sourire aux lèvres. Mais autre chose m’intriguait, me fascinait même… Je ne l’ai jamais vu quitter son scout’, jamais ! Il arrivait devant l’atelier sur son engin, avertissait de sa présence de quelques « bip bip bip » et d’un « Ciao Sebastiano ! Come stai ? ». On allait à sa rencontre, on le saluait et les hommes échangeaient quelques banalités. Il reprenait son chemin sans avoir quitté son siège. Un jour, nous l’avons croisé, arrêté en face de la boulangerie… Toujours sur il suo motorino(1) ! Un mec est sorti de la boutique, lui a filé son pain en échange de quelques lires et il est reparti. J’ai longtemps voulu croire que les siciliens mangeaient, vivaient, dormaient avec leur deux roues. Quand j’en voyais un garé seul sur le trottoir, je me disais que son propriétaire était probablement mort.

Dans cette ruelle, je souris en repensant à ce délire de gosse en voyant les deux guêpes(2) sagement adossées contre le mur. J’ai grandi et… C’est bien dommage ! Je préfèrerais imaginer la Vespa comme la continuité incontournable de l’Homme, l’autre partie de son cerveau. Un peu comme... Goldorak avec Actarus(3) ! Cela dit… Ces deux-là ont l’air bien vivantes ! Il fait nuit. Elles se reposent, comme nous autres après une journée harassante, laissant enfin le silence reprendre ses droits. Elles tournent la tête pour écouter la conversation. Oui, la tête ! Et pour preuve, elles ont pris la même position que ce gars assis au-dessus de l’escalier !

Pas un bruit… Quiétude… Enfin ! Il fait bon vivre quand la Vespa se fait androcéphale… Il fait bon vivre quand la Vespa se fait vespérale… Je shoote !

 

(1) Son scooter

(2) Guêpe se dit vespa en italien. La légende dit que lorsqu'Enrico Piaggio découvrit le deux-roues révolutionnaire créé par son ingénieur Corradino D’Ascanio, il se serait écrié : « On dirait une guêpe ! ». Le nom commercial de la Vespa était né !

(3)Que les plus jeunes demandent des explications à leurs parents ou… Grands-parents !

CarCam est un artiste représenté par la

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