NOUVEAU !

Pour écouter l'artiste parler de son univers, rendez-vous sur la page consacrée aux expositions

 


rome, black and white, noir et blanc, art, street photography, CarCam, vatican

Le PLUS du moment

La clef

 

Vatican. Août 2017.

« 344, 345, 346, ... ».

L’ascension vers la terrasse de la Coupole de la basilique Saint-Pierre n’est pas des plus aisées... Encore plus de 200 marches à grimper. Je souffre... 

Ce n’est certes pas comparable à la passion du Christ mais je n’ai pas vocation à devenir messie.

 

« 422, 423, 424, ... ».

J’ai le nez dans le postérieur du bonhomme juste devant moi. Je ne suis pas le seul à peiner visiblement... L’air frais du colimaçon sombre et étroit est imperceptible, la moiteur de nos corps en nage nous submergeant d’une sueur chaude et désagréable.

 

« 511, 512, 513, ... ».

J’espère que la vue sur ce rooftop empreint de spiritualité en vaut le détour... Que vais-je réellement trouver là-haut ? Je m’interroge...

« 550 et... 551ème marche. J’y suis ! »

 

La légère brise sèche mon visage humide. Je frissonne. Je me repose aussi... Et divague me demandant si 551 a une quelconque signification symbolique... « 5 + 5 + 1 = 11 ; 1 + 1 = 2 ». Que représente ce chiffre ? La dualité certainement. Le jour et la nuit. Peut-être une histoire de bien et de mal. D’homme et de femme certainement... Mais il y a probablement un sens biblique à tout ça, il faudra que je creuse.

 

Je sors de ma torpeur. Mon premier regard au-dessus de Rome ne me laisse pas indifférent. Mais je m’attendais à mieux après toutes les émotions vécues quelques 100 mètres plus bas dans la nef.

 

Je me fraie un passage à travers la multitude de touristes ici-haut afin de faire un tour d’horizon complet. C’est long. Et pénible. Je vis une véritable odyssée durant laquelle le brouhaha de la cohue qui embrume mon esprit se fait l’écho tourbillonnant d’un bruit de fond à me rendre fou.

 

Après quelques pas, je me sens pris au piège. Il y a cette enfant qui pleure devant moi, cette dame à l’haleine fétide qui a posé sa poitrine suante sur mon dos et la perche de ces jeunes, coiffée du dernier iPhone pour un selfie au-dessus de la ville, qui fait rempart à quelques centimètres de mon visage. Je ne sais plus où aller, submergé par la désagréable sensation d’être pris entre Charybde et Scylla !

 

La chance me sourit enfin. La petite mater dolorosa se décide à quitter sa croix et j’en profite pour me frayer un chemin.

 

Wouhaou ! Quel soulagement ! Quelle splendeur aussi ! Devant moi, la sensation d’éternité m’envahit. Le chaos du pandémonium s’effondre sous les rayons de l’Astre majestueux qui percent les cumulus. Au loin, l’esquisse des collines éthérées m’apparaît comme le filtre protecteur de toute angoisse qui voudrait m’assaillir. Je suis seul. Je me sens bien. Là. Maintenant. Suis-je en train de vivre les prémisses du kensho ?

 

Je domine les colonnades du Bernin qui, d’ici, m’ont tout l’air d’une vielle serrure. C’est peut-être ça que je suis venu chercher. La paix. Une réponse à mes questions, la délivrance. La clef qui me libèrera un jour de mes chimères passées ou de celles à venir. Je shoote !

CarCam est un artiste représenté par la

16 rue Sainte Anastase

75003 PARIS

France

Tél : +33 983232801